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Remarquée dans le rôle principal du dernier film de Ladj Ly, Bâtiment 5, Anta Diaw incarne le personnage d’Haby, militante associative qui se lance dans la politique.
Creilloise de 31 ans, qui est cette figure prometteuse du cinéma français ?
Anta Diaw nous accorde une interview et se présente.

 

Je m’appelle Anta Diaw. Aujourd’hui, j’exerce le métier de chargée de client en parallèle de l’acting. 

Mon parcours est assez simple. Après une scolarité assez sérieuse, j’ai décidé de suivre des études de gestion et administration en DUT, avant de m’orienter vers un Master spécialisé dans les réseaux sociaux. Très jeune, je n’ai jamais vraiment su le métier que je voulais exercer. Malgré cela, j’ai toujours été passionnée par l’acting mais je ne me suis jamais dit que c’était accessible. 

Je n’étais absolument pas épanouie dans le domaine dans lequel je travaillais et c’est suite au Covid que j’ai décidé de suivre une semaine de stage d’acting dans le but d’avoir un avis professionnel. L’avis était, à ma grande surprise, très positif. Je me suis donc lancée dans les castings en suivant des comptes sur Instagram. C’est ainsi que j’ai décroché mon premier rôle dans le film Le Jeune imam de Kim Chapiron. 

 

Comment avez-vous décroché ce rôle important dans le dernier film de Ladj Ly, Bâtiment 5, sorti en décembre dernier ?

Ladj était co-scénariste et co-producteur du film Le Jeune imam. On s’est donc rencontré sur le tournage. Quelques mois plus tard, j’ai découvert qu’il recherchait une jeune femme pour incarner Haby. J’ai donc passé les castings et décroché le rôle. 

 

Est-ce que le personnage de Haby, rôle féminin fort que vous interprétez, a laissé quelques traces en vous ?

Oui ! À la lecture du scénario j’ai tout de suite été frappée par cette femme dotée d’une force de caractère hors du commun. Je ne me considère pas aussi forte et je me suis posé des questions sur mes capacités à incarner un tel personnage. Quoi qu’il en soit cette expérience m’a permis d’apprendre un tas de choses sur moi et sur qui j’aspire à être. 

 

Pouvez-vous nous confier votre plus beau souvenir de tournage sur le film ?

Cette question m’est souvent posé et ma réponse change constamment… il y’en a tellement ! Toute l’expérience de tournage était juste incroyable. De la rencontre avec tous les acteurs en passant par les techniciens, être dirigée par Ladj Ly…

Aujourd’hui je pense à la scène de dispute entre Haby et Blaz, incarné par Aristote Luyindula. J’ai été très étonnée par le sentiment de colère qui m’a envahi durant cette scène, j’étais vraiment en colère. Il y’a aussi la scène au restaurant entre Haby et Roger. Steve Tientcheu a été incroyable, généreux. J’ai tout de suite été à l’aise avec lui. Et je ne peux pas oublier la scène de dispute avec le maire incarné par Alexis Manenti. Cette scène était jouissive !

 

Comment s’est passé la rencontre avec votre public ?

Nous avons présenté le film à l’étranger et un peu partout en France. À chaque fois il a été très bien reçu. Beaucoup de personnes se sont retrouvées dans Haby. La plupart tenait à remercier Ladj de mettre en lumière ces problèmes de mal logement qui touchent énormément de monde en France et à l’étranger. Les échanges que l’on a eu étaient très enrichissants et très gratifiants. 

 

Avez-vous de nouveaux projets cinématographiques en perspectives ?

Pas pour le moment. J’ai repris le travail après le tournage et reste à l’écoute des éventuelles opportunités qui pourraient se présenter. 

 

Quelle est votre collaboration de rêve ?

Figurez-vous que je rêvais de rencontrer Ladj Ly ! Aujourd’hui, l’expérience a dépassé mes rêves. Il y’a tellement d’acteurs et de réalisateurs talentueux avec qui j’aimerai travailler en France et ailleurs… je ne saurai en citer. 

 

Avez-vous un ou une comédienne fétiche qui vous inspire et vous porte dans votre passion pour le cinéma ?

Pas spécialement, mais je me souviens que mon premier souvenir de cinéma reste celui de la performance de Whoopi Goldberg dans le film Sister Act. En France, j’aime beaucoup le jeu de Tahar Rahim. 

 

Vous êtes originaire de la ville de Creil, pouvez-vous nous confier votre endroit préféré de la ville ? et pourquoi ?

Cet « endroit » n’existe plus, mais je me souviens qu’il y’avait une table en bois dans mon quartier. Avec mes copines nous passions nos week-ends sur cette table à discuter, rigoler, jouer, refaire le monde. De nombreux souvenirs ont été créés sur cette table. 

 

Aux adolescents qui liront votre portrait, avez-vous quelques conseils à leur donner pour se lancer et oser ?

Le seul conseil que je peux donner aux jeunes est d’oser. Quoi qu’il en soit, peu importe ce que les proches, les amis peuvent penser. Si je me base sur mon parcours, je constate que j’ai rêvé de cela des années sans jamais oser franchir le pas. Une fois décidé, j’ai décroché un rôle dès mon premier casting. On a tendance à se fixer des limites nous-mêmes, à avoir des pensées limitantes qui nous empêchent d’avancer. Si vous avez un rêve vous n’avez rien à perdre en tentant de le réaliser. 

Bien au contraire vous n’avez qu’à y gagner. 

Comme je me dis souvent, mieux vaut vivre avec l’idée que l’on a tenté mais que cela n’a pas fonctionné plutôt que de vivre avec le regret de ne pas avoir essayé.