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Humbert

Malik, joué par Reda Kateb dans « Hors normes », c’est lui. Daoud Tatou est engagé pour les personnes en situation d’autisme depuis 20 ans, avec

son association Le relais île de France. Bénévole pour Ummah Charity à Creil, il apporte son énergie à un projet ambitieux.

Comme dans le film d’Eric Toledano et Olivier Nakache, Daoud Tatou est rapide, efficace, passionné et pragmatique.

« J’ai pas beaucoup de temps pour l’interview, mais si c’est pour parler de Ummah Charity c’est OK » prévient-il. En effet, depuis 2016,  il est responsable bénévole du pôle autisme de cette ONG fondée par de jeunes Creillois en 2010. « Nous allons ouvrir à Oujda, au Maroc, le premier centre pour les personnes en situation d’autisme du Maghreb, s’enthousiasme-t-il. Mon boulot c’est de former le personnel à la fois de gestion et des éducateurs et leur apporter des outils. » Les travaux de terrassement ont commencé sur le terrain d’1 ha donné à l’association. Une école, un internat, un centre de diagnostic, une écurie pour travailler en équithérapie, une piscine…Le projet a de quoi faire rêver des milliers de personnes touchées par l’autisme.

 « Notre propos, explique Daoud Tatou, c’est d’aider les familles concernées à rester dans leur pays plutôt que de tout quitter, jusqu’à se mettre en danger, dans l’espoir d’un accueil pour leur enfant qu’ils risquent de ne pas

trouver en France, où on manque cruellement de place ! » Il rappelle au passage que sur les 70 000 personnes diagnostiquées comme autistes en France, seules 33 000 ont des structures d’accueil.

« L’autisme ce n’est pas juste un enfant ou adolescent différent, c’est toute une famille qui est touchée, avec souvent des parents qui divorcent, des mères qui se retrouvent seules, des fratries en manque d’écoute parce que l’un d’eux prend beaucoup de place, rappelle-t-il. Ce qui m’intéresse c’est de redresser la barre du bon côté en apportant un soutien et des solutions à ces difficultés ».

Les problèmes, il aime ça au fond : « Quand j’ai découvert l’autisme, à 17 ans, ça a été un vrai choc, j’ai voulu comprendre. Aujourd’hui je ne comprends toujours pas et j’espère bien que je mourrai sans comprendre ! » s’amuse t-il. Infatigable, il a entraîné avec lui Reda Kateb à Oujda : « Il m’a suivi dans pas mal d’endroits pour le rôle, on a créé un vrai lien, ça fait plaisir. Ma notoriété avec le film je m’en fiche, ce qui m’intéresse c’est qu’on fasse bouger les choses. »

Avec près de 2 millions de spectateurs fin 2019, Daoud Tatou peut se vanter avec son homologue Stéphane Benhamou, qui a inspiré le rôle de Bruno, (joué par Vincent Cassel), de mettre un coup de projecteur bienvenu sur les personnes en situation d’autisme et leurs familles.

« Ce qu’on défend c’est le Vivre ensemble, et la France aux mille couleurs », conclut Daoud Tatou, véritable héro du quotidien.